Beychac-et-Caillau et Cadaujac reconnues dans l'arrêté de catastrophe naturelle du 11 septembre 2026
Mise à jour 25/09/2026
L’arrêté du 11 septembre 2026 portant reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle (NOR : INTE2623922A) a été publié au Journal officiel n° 0221 du 22 septembre 2026.
En Gironde, deux communes sont reconnues : Beychac-et-Caillau et Cadaujac.
Le phénomène retenu est celui des mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols, pour la période du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2025.
Quatre autres communes girondines voient en revanche leur demande rejetée : Avensan, Blanquefort, Périssac et Saint-Christoly-de-Blaye. Nous y revenons plus bas, car un refus ne signifie pas que votre maison n’est pas endommagée.
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Pourquoi la Gironde est autant concernée
La Gironde fait partie des départements les plus exposés au retrait-gonflement des argiles (RGA). Les services de l’État en Nouvelle-Aquitaine documentent depuis plusieurs années cette exposition très large du territoire girondin, notamment sur la rive droite et l’Entre-deux-Mers, où les formations argileuses et molassiques dominent.
À l’échelle nationale, le ministère de la Transition écologique estime que plus de 12 millions de maisons individuelles sont exposées à ce phénomène, devenu le premier poste de coût du régime catastrophes naturelles.
Beychac-et-Caillau, à l’est de Bordeaux sur l’axe de la RN89, et Cadaujac, en bord de Garonne au sud de l’agglomération, présentent toutes deux un habitat pavillonnaire important, souvent fondé de manière superficielle. C’est précisément ce type de construction qui souffre le plus des variations de volume du sol.
Zoom sur l’arrêté de catastrophe naturelle du 11 septembre 2026 en Gironde
Les dates à retenir
| Élément | Information |
|---|---|
| Date de l’arrêté | 11 septembre 2026 |
| Publication au JO | 22 septembre 2026 (JORF n° 0221) |
| Période reconnue | du 01/01/2025 au 31/12/2025 |
| Communes reconnues (33) | Beychac-et-Caillau, Cadaujac |
| Communes non reconnues (33) | Avensan, Blanquefort, Périssac, Saint-Christoly-de-Blaye |
La nature du phénomène, expliquée simplement
L’argile se comporte comme une éponge. En période de forte chaleur et de déficit de pluie, elle perd son eau et se rétracte. Le sol perd du volume et s’affaisse. Quand les pluies reviennent, elle regonfle.
Ces mouvements ne sont jamais réguliers sous une maison. Un angle exposé plein sud, une façade ombragée, la présence d’un arbre qui pompe l’eau du sol, une terrasse qui empêche l’évaporation : tout cela crée des différences. C’est le mot clé de l’arrêté, « différentiels ». Le sol ne bouge pas de façon homogène, et la structure travaille en flexion.
Comment l’État décide
La reconnaissance repose sur la circulaire n° IOME2322937C du 29 avril 2024, qui combine deux critères.
Le critère géotechnique : la présence d’argiles sensibles doit être avérée sur plus de 3 % du territoire communal. Il est satisfait pour Beychac-et-Caillau comme pour Cadaujac.
Le critère météorologique : l’indice d’humidité des sols doit présenter une période de retour supérieure à 10 ans, autrement dit une sécheresse statistiquement rare. Pour Beychac-et-Caillau, ce critère est directement satisfait. Pour Cadaujac, la reconnaissance s’appuie sur la clause de voisinage : au moins une commune limitrophe a subi un épisode anormal.
Pour Avensan, Blanquefort, Périssac et Saint-Christoly-de-Blaye, c’est ce même critère météorologique qui n’est pas rempli. La période de retour est inférieure à 10 ans, et la situation des communes voisines n’a pas été jugée anormale.
Votre expert d’assurés Vincent Moreau et le collectif Koudepouce en Gironde
Vincent Moreau connaît le sinistre sécheresse des 2 côtés de la table. Ancien expert d’assurance, il a longtemps instruit ces dossiers pour le compte des compagnies. Il met aujourd’hui cette expérience au service des particuliers assurés : il sait comment un dossier est analysé, sur quels points l’assureur discute la causalité et comment les chiffrages sont habituellement revus à la baisse. Cette connaissance de l’intérieur lui permet d’anticiper les objections et de défendre une réparation durable plutôt qu’un simple traitement esthétique des fissures.
Vincent Moreau est membre de Koudepouce Fissuration, un collectif important et engagé qui accompagne les sinistrés partout en France. Il travaille en lien avec Yoann Glasson, qui peut prendre le relai avec des bureaux d’étude technique et entreprises, sur des investigations complémentaires lorsque le dossier l’exige, par exemple pour des investigations en recherche de fuite, une étude de sol G5, un suivi de l’évolution des fissures.
Vous habitez Avensan, Blanquefort, Périssac ou Saint-Christoly-de-Blaye ?
Le refus porte sur le critère météorologique communal, pas sur l’état de votre maison.
Trois voies restent ouvertes.
Signalez-vous en mairie. Les communes peuvent déposer une nouvelle demande, notamment pour une autre période. Plus les sinistrés recensés sont nombreux, plus le dossier communal est étayé.
Vérifiez les autres périodes. Des arrêtés successifs ont déjà reconnu plusieurs communes girondines au titre de la sécheresse 2025, notamment Baurech, Bazas, Carignan-de-Bordeaux, Gajac, Gensac, Gironde-sur-Dropt, Libourne, Montussan et Yvrac. Votre commune peut être concernée par un texte antérieur ou à venir.
Explorez les autres garanties. Une malfaçon de fondation, un défaut d’étude de sol lors de la construction ou un désordre relevant de la garantie décennale peuvent ouvrir une indemnisation en dehors du régime catastrophe naturelle.
Questions fréquentes
Comment savoir si ma maison est réellement concernée par l’arrêté ?
Votre bien doit se situer sur le territoire de Beychac-et-Caillau ou de Cadaujac, et les désordres doivent être apparus ou s’être aggravés pendant la période reconnue, soit l’année 2025. Un désordre ancien et stabilisé depuis 2019 ne sera pas pris en charge au titre de cet arrêté. Votre contrat multirisque habitation doit par ailleurs être en cours à la date du sinistre : la garantie catastrophe naturelle y est automatiquement incluse.
Mon assureur refuse le lien avec la sécheresse. Ai-je un recours ?
Oui. Vous pouvez demander une contre-expertise et faire intervenir votre propre expert, dont les honoraires sont parfois pris en charge par la garantie « honoraires d’expert d’assuré » de votre contrat. En cas de désaccord persistant, une tierce expertise puis la saisine du médiateur de l’assurance sont possibles. Une part significative des dossiers sécheresse se règle favorablement après contestation argumentée du rapport initial. Si le désaccord persiste, une expertise judiciaire peut intervenir.
Dois-je faire réparer les fissures tout de suite ?
Non, et c’est un réflexe à éviter. Reboucher avant le passage de l’expert efface la preuve du sinistre. Limitez-vous aux mesures conservatoires urgentes si la sécurité est en jeu, en conservant photos et factures. Sur un sol argileux, une réparation faite avant stabilisation du terrain rouvre presque toujours à la saison suivante. Le bon ordre est : diagnostic, étude de sol de type G5, reprise des fondations si nécessaire, puis reprise esthétique.
Qui contacter en Gironde en cas de fissures ?
Dès que votre commune figure dans l’arrêté publié au Journal officiel, déclarez votre sinistre à votre assureur : vous disposez de 30 jours pour le faire. Ne le faites pas si votre commune figure en annexe 2 de l’arrêté ou si elle n’apparait pas. Dans tous les cas, faites réaliser un diagnostic indépendant par un expert en pathologies du bâtiment. Une étude géotechnique menée par un bureau d’études spécialisé viendra confirmer la nature argileuse du sol et la profondeur des mouvements. Ces deux pièces sont le socle d’une indemnisation à la hauteur du dommage réel. Elles permettent d’identifier les causes des dommages (souvent multiples) et les meilleures stratégies de réparation.