Catastrophe naturelle en Gironde : inondations à La Teste-de-Buch et sécheresse à Camarsac, Coimères, Saint-Jean-de-Blaignac et Saint-Laurent-du-Bois (arrêté du 16 octobre 2026)
Mise à jour 23/10/2026
L’arrêté du 16 octobre 2026 portant reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle (NOR INTE2627286A) a été publié au Journal officiel n°0248 du 23 octobre 2026.
Pour la Gironde, cinq communes sont concernées. Une au titre des inondations sur le littoral du bassin d’Arcachon, quatre au titre de la sécheresse et de la réhydratation des sols argileux.
| Commune | Code INSEE | Phénomène | Période retenue |
|---|---|---|---|
| La Teste-de-Buch | 33529 | Inondations | 11/02 au 19/02/2026 |
| Camarsac | 33083 | Sécheresse | 01/01 au 31/12/2025 |
| Coimères | 33130 | Sécheresse | 01/01 au 31/12/2025 |
| Saint-Jean-de-Blaignac | 33421 | Sécheresse | 01/01 au 31/12/2025 |
| Saint-Laurent-du-Bois | 33427 | Sécheresse | 01/01 au 31/12/2025 |
Concrètement, si vous êtes propriétaire dans l’une de ces communes et que votre maison a souffert pendant la période retenue, la garantie catastrophe naturelle de votre contrat multirisque habitation peut jouer. Mais le délai est court, et c’est là que beaucoup de dossiers se perdent.
👉 Se faire aider pour gérer son sinistre

Ce qu’il faut retenir de cette décision
La Teste-de-Buch : la mer, pas la pluie
Pour La Teste-de-Buch, la période retenue va du 11 au 19 février 2026. L’arrêté précise que l’intensité anormale du phénomène est caractérisée au regard des effets conjugués de l’amplitude de la houle, des vents et de la situation météorologique.
En clair : il ne s’agit pas d’un simple débordement d’eau de pluie, mais d’une submersion marine. La houle, le vent et le niveau de la mer se sont additionnés pour faire passer l’eau par-dessus les protections naturelles et les ouvrages.
Cette période correspond à une séquence tempétueuse bien documentée sur la façade atlantique. La tempête Nils, dans la nuit du 11 au 12 février 2026, a placé la Gironde en vigilance orange vents violents avec des rafales annoncées jusqu’à 140 km/h sur le littoral, et en vigilance rouge crues. La préfecture a recensé plus de 300 interventions des secours et environ 128 000 foyers privés d’électricité. Une semaine plus tard, le 19 février, la tempête Pedro a provoqué des phénomènes de vagues-submersion sur le bassin d’Arcachon, avec fermeture des accès aux plages océanes de La Teste et du Cap Ferret et mise en place de batardeaux dans les communes riveraines.
Le risque n’est pas nouveau ici. La Teste-de-Buch est identifiée sur Géorisques comme exposée à la submersion marine et au recul du trait de côte, et le bassin d’Arcachon a une longue histoire de tempêtes submersives.
Camarsac, Coimères, Saint-Jean-de-Blaignac, Saint-Laurent-du-Bois : l’argile qui fait bouger les maisons
Pour ces quatre communes, la période retenue couvre toute l’année 2025. L’analyse s’appuie sur les critères de la circulaire n° IOME2322937C du 29 avril 2024, avec deux conditions remplies :
-
Critère géotechnique : la présence d’argiles sensibles au retrait-gonflement est avérée sur plus de 3 % du territoire communal.
-
Critère météorologique : l’indice d’humidité des sols de la commune présente une période de retour supérieure à 10 ans, autrement dit un assèchement suffisamment rare pour être qualifié d’anormal.
Le mécanisme est simple à comprendre. En période sèche, l’argile perd son eau, se rétracte et perd du volume. Quand les pluies reviennent, elle regonfle. Ce mouvement ne se produit jamais de façon uniforme sous une maison : un angle exposé au soleil, un arbre proche, une canalisation qui fuit, et le sol bouge plus d’un côté que de l’autre. La maçonnerie, elle, ne suit pas. Elle se fissure.
Camarsac et Saint-Jean-de-Blaignac sont en plein Entre-deux-Mers, Coimères et Saint-Laurent-du-Bois en Sud-Gironde. Ce sont des secteurs où les argiles et les molasses sont bien connues des géotechniciens. La Gironde est d’ailleurs l’un des départements français les plus touchés par le retrait-gonflement des argiles, avec une part de sinistres très supérieure à son poids en nombre de logements à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine.
Quelles conséquences pour votre maison ?
Après une submersion marine (La Teste-de-Buch)
L’eau salée est plus agressive que l’eau douce. Les désordres typiques apparaissent souvent après coup :
-
Humidité persistante dans les murs enterrés, les vides sanitaires et les planchers bas.
-
Infiltrations et remontées capillaires, avec décollement des enduits, cloquage des peintures, gonflement des plinthes et des parquets.
-
Moisissures derrière les meubles et dans les isolants, avec un enjeu sanitaire réel.
-
Corrosion des éléments métalliques, des fixations et des réseaux électriques en partie basse.
-
Tassements localisés là où l’eau a lessivé ou décomprimé le sol sous les fondations.
Un logement qui a séché en apparence peut rester humide dans la masse pendant des mois. C’est pourquoi un diagnostic au bon moment compte autant que le constat à chaud.
Après une sécheresse sur sol argileux (Camarsac, Coimères, Saint-Jean-de-Blaignac, Saint-Laurent-du-Bois)
Les signes à surveiller :
-
Fissures structurelles en façade, souvent en escalier le long des joints de maçonnerie, ou en diagonale aux angles des fenêtres et des portes.
-
Fissures traversantes, visibles à l’intérieur comme à l’extérieur au même endroit.
-
Affaissements de dallage et de terrasse, carrelage qui se décolle ou sonne creux.
-
Portes et fenêtres qui coincent, huisseries désaffleurées, seuils désolidarisés.
-
Décollements entre le corps du bâtiment et une annexe, un garage ou une véranda fondés différemment.
Toutes les fissures ne relèvent pas de la catastrophe naturelle. Un faïençage d’enduit, une microfissure de retrait de mortier ou un défaut de mise en œuvre n’ont rien à voir avec un mouvement de sol. L’enjeu technique est précisément de faire le tri, et c’est ce tri qui détermine l’indemnisation.
Se faire accompagner : expert d’assurés et avocat, un binôme qui change l’issue du dossier
Le délai de 30 jours
Vous disposez de 30 jours à compter de la publication de l’arrêté au Journal officiel pour déclarer votre sinistre à votre assureur, soit jusqu’au 22 novembre 2026 pour cet arrêté. Vérifiez toujours la clause exacte de votre contrat.
Hors délai, tout n’est pas perdu. Une déclaration tardive reste recevable si l’assureur ne démontre pas que le retard lui a causé un préjudice, et de nombreux dossiers aboutissent malgré un dépôt après l’échéance. Mieux vaut déclarer tard que ne pas déclarer.
Les preuves font le dossier
Ce qui n’est pas prouvé n’est pas indemnisé. Rassemblez dès maintenant :
-
Des photos datées des désordres, vue d’ensemble et détail, avec une référence d’échelle (mètre, pièce de monnaie).
-
Un suivi de l’évolution des fissures, par exemple des témoins ou des repères photographiés à intervalles réguliers.
-
Les documents de la maison : permis de construire, plans, étude de sol s’il en existe une, factures de travaux, diagnostics antérieurs.
-
Les traces de l’événement : coupures de presse locales, arrêtés municipaux, relevés météo, attestations de voisins.
-
L’historique assurance : anciennes déclarations, rapports d’expertise précédents.
Pourquoi un expert d’assurés
L’expert mandaté par votre compagnie travaille pour elle. Son rôle est d’évaluer, mais aussi de cadrer la prise en charge. Un expert d’assurés intervient de votre côté, dans un rôport d’équilibre : il caractérise l’origine réelle des désordres, rattache le sinistre à la période retenue par l’arrêté, chiffre les travaux de reprise au juste niveau et vous accompagne lors des réunions d’expertise contradictoire.
Vincent Moreau intervient comme expert d’assurés sur les sinistres bâtiment en Gironde : submersion et dégâts d’eau sur le bassin d’Arcachon, fissures et mouvements de sol dans l’Entre-deux-Mers et le Sud-Gironde.
Pourquoi un avocat en parallèle
Quand la prise en charge est refusée, quand le lien avec la sécheresse est contesté ou quand le chiffrage proposé ne couvre pas une reprise durable, le levier pour se défendre devient aussi juridique. Emmanuel Hilaire, avocat expérimenté sur le contentieux des catastrophes naturelles, prend le relais sur la contestation du rapport, l’expertise judiciaire et la mise en cause des garanties.
Technique et droit avancent ensemble. C’est ce binôme qui fait la différence entre une indemnisation symbolique et une réparation qui tient.
Et si votre commune n’est pas dans la liste ?
Les épisodes de février 2026 et la sécheresse 2025 n’ont pas épargné les seules communes reconnues. Beaucoup de demandes communales sont écartées parce qu’un seul des deux critères n’est pas atteint, parfois de peu.
Un refus n’est pas définitif :
-
Signalez votre sinistre en mairie. Une commune ne peut déposer une demande que si elle connaît les dommages. Plus les signalements sont nombreux et documentés, plus le dossier est solide.
-
Une nouvelle demande est possible sur le même événement, avec des éléments complémentaires.
-
Un recours gracieux auprès du ministère de l’Intérieur, puis un recours contentieux devant le juge administratif, sont ouverts contre la décision de non-reconnaissance.
-
Hors régime CatNat, d’autres voies existent : garantie dommages-ouvrage si la maison a moins de dix ans, responsabilité du constructeur ou du maître d’œuvre, défaut d’étude de sol.
Questions fréquentes
Comment savoir si ma maison de La Teste-de-Buch ou de l’Entre-deux-Mers est réellement concernée ?
Deux conditions doivent être réunies. Votre commune doit figurer dans l’arrêté pour le phénomène concerné, et vos dommages doivent être rattachables à la période retenue. Pour La Teste-de-Buch, c’est le 11 au 19 février 2026. Pour les quatre communes en sécheresse, c’est l’année 2025. Vérifiez aussi que votre contrat habitation couvre bien le bien sinistré, y compris les annexes et les dépendances.
Mes fissures sont apparues en 2026, l’arrêté couvre 2025 : est-ce que je peux déclarer ?
Oui, et c’est très fréquent. Le sol bouge d’abord, le bâti réagit ensuite, parfois avec plusieurs mois de décalage. Ce qui compte est la cause, non la date d’apparition visible. C’est précisément un point que l’assureur peut contester, et où une analyse technique argumentée pèse lourd.
La franchise s’applique-t-elle en catastrophe naturelle ?
Oui, et elle est fixée par la réglementation, pas par votre assureur. Elle est de 380 euros pour les biens à usage d’habitation, et portée à 1 520 euros pour les dommages dus aux mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols. Cette franchise n’est pas rachetable.
Qui contacter en premier en cas de fissures en Gironde ?
Déclarez d’abord à votre assureur pour tenir le délai, même avec un dossier incomplet que vous compléterez ensuite. En parallèle, faites intervenir un expert d’assurés avant la visite de l’expert de la compagnie. Arriver préparé à la première expertise est l’étape la plus déterminante de tout le dossier.